Terrasser les Dragons d'Isidore


5 Très bons amis
4 Frères vicieux
3 Tests de MST 
2 Gars amoureux
1 Explosion de voiture
&
Nulle part où s’enfuir

Suivez l’amour naissant de deux jeunes adultes au cours de la pire année de leurs vies. Declan David de Quirke II, d’origine irlandaise, est le fils de deux ambassadeurs, un Irlandais et un Américain. Il a fait son coming out auprès de ses parents, mais de personne d’autre. Né français, Jean Isidore de Sauveterre est également le fils de deux ambassadeurs, un Catalan et un Parisien. Ses quatre demi-frères se sont vus confier la mission de « le guérir de son homosexualité ». Les deux jeunes ont perdu un parent dans une voiture piégée à Londres. 

5 Semaines en enfer 
4 Attentats contre leurs vies 
3 Agences des forces de l’ordre 
2 Étudiants de dernière année assassinés 
1 Ami jaloux
&
Un amour qui ne sera pas nié 

Declan et Isidore se rencontrent au début de leur dernière année dans une école privée aux États-Unis. Declan est immédiatement charmé par Isidore et devient son chevalier en armure étincelante. Isidore veut garder ce qui reste de sa santé mentale et a besoin de l’amour de Declan pour ce faire. Un est battu, un est drogué, un est presque violé, un autre l’a été. Ils sont harcelés par les professeurs et la police et doivent se battre à l’école, mais rien de tout cela ne peut se comparer à devoir s’enfuir pour rester en vie. Quand le fils populaire du directeur tente de se suicider et que quelqu’un essaie d’assassiner la mère de Declan, ils se retrouvent jetés à corps perdu dans le chaos, la trahison, les complots, les allégations de coercition sexuelle et même d’assassinat. Et l’un d’eux cache un secret qui pourrait leur valoir d’être tués.

5 Nouveaux membres de la famille 
4 Meilleurs amis 
3 Pays 
2 Psychologues extraordinaires 
1 Mère courageuse
&
Un nouveau départ pour deux jeunes gens amoureux

~*~

Puis Jonathan fit alliance avec David, parce qu’il l’aimait comme sa propre âme. Et Jonathan se dépouilla du manteau qu’il portait, pour le donner à David, ainsi que ses vêtements, même son épée, son arc et sa ceinture. 1 Samuel 18-3-18-4

Si les contes de fées sont plus vrais que vrais,
non pas parce qu’ils disent que les dragons existent, 
mais parce qu’ils nous racontent que les dragons peuvent être vaincus.
—G.K. Chesterton, Tremendous Trifles
Paraphrasé dans Coraline par Neil Gaiman

Prologue


Isidora de Sauveterre jura après le téléphone alors qu’il sonnait de nouveau. Si elle ne partait pas maintenant, elle raterait le rendez-vous le plus important de sa vie. Son avenir et la vie de son fils bien-aimé en dépendaient. Littéralement.
Elle tendit la main vers la télécommande et baissa le son de la musique diffusée dans son bureau. Elle adorait les compositions de Gabriel Yared et « Les Ailes du Courage » était un de ses morceaux préférés, mais pour l’instant, ce n’était pas le bon moment.
— Ambassadeur de Sauveterre, répondit-elle d’un ton à la fois décontracté et formel.
— Je suis en bas.
Malgré sa peur et son stress accablants, elle sourit au son de sa voix.
— Je serai là dans cinq minutes.
— Je suis impatient de te voir. Comment tiens-tu le coup ?
— Honnêtement, je n’y arrive pas, admit-elle.
— Tout va bien se passer. Nous prendrons Sorcha en chemin.
— Je n’arrive toujours pas à croire qu’elle ait accepté de divorcer.
— Isidora, tout va bien se passer.
— Jusqu’à ce que je sois aux États-Unis, avec Isidore et toi, je n’y croirai pas. Je ne peux pas. Et si Jean-Baptiste refusait ?
— Nous en avons déjà discuté. Ce sera difficile pendant quelques heures, puis tout sera terminé. Tout se passera bien. Je te le promets.
— Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans toi. Sais-tu quand nous partons ?
— Ce soir. Je me suis occupé de tout. Sorcha et Declan voyageront avec nous.
Elle faillit éclater en sanglots.
— Oh, Seigneur, cela va vraiment arriver. Nous serons enfin libérés de ce salaud, murmura-t-elle.
— Tu as rangé ton bureau ?
— Oui. Dès que nous aurons atterri aux États-Unis, j’enverrai ma démission au Président.
— Prends ton manteau et descends. Tu me manques.
Elle sourit de nouveau.
— J’arrive tout de suite. Je t’aime [1].
— Je t’aime aussi.
Isidora raccrocha et prit une profonde inspiration afin de se calmer, cherchant à prendre une bouffée d’air pour apaiser ses émotions. Les vingt-cinq ans d’enfer pour elle et pratiquement dix-huit pour son fils seraient bientôt terminés. Elle enfila son manteau, vérifia une dernière fois, pour s’assurer que chaque objet sur son bureau se trouvait bien à sa place, de manière ordonnée, puis elle quitta la pièce.

***

— Bon après-midi, Madame l’Ambassadeur.
Isidora sourit. Elle adorait son assistant et Alain serait une des rares personnes qui lui manquerait vraiment quand elle démissionnerait de son poste.
— Merci, Alain. Je vous retrouve dans quelques heures. Je suis joignable sur mon portable.
— Bon déjeuner, Madame.
— Pour une fois, prenez une heure et allez manger quelque chose, voulez-vous ?
— L’appel du devoir.
— Le devoir peut attendre une heure. Vous savez comment me joindre.
Elle l’embrassa sur la joue, de manière totalement inhabituelle.
— Pourquoi ce geste ?
— Parce que je vous adore.
Elle se dirigea vers l’ascenseur de sécurité avec son garde du corps à la remorque.
Isidora enfilait des gants de satin, de couleur crème quand ils descendirent. Elle avait besoin de faire quelque chose pour empêcher ses mains de trembler. Sans avoir dormi ni mangé et avec la terreur qui déferlait dans ses veines, elle était surprise de ne pas s’être évanouie. Elle jeta un coup d’œil à sa montre. Trois heures jusqu’à ce qu’Isidore rentre à la maison après l’école. Ils auraient terminé leur déjeuner, puis passeraient par le château pour le prendre et reprendraient la route. Puis, enfin, la liberté.

***

— Bon après-midi, Madame l’Ambassadeur, la salua le concierge, tandis qu’elle sortait de l’ascenseur.
— Bon après-midi, Thomas. Voulez-vous, s’il vous plaît, appeler Alain et lui dire qu’il doit venir en bas récupérer un paquet ?
— Pourquoi devrais-je faire ça ?
— Parce qu’il ne va pas s’arrêter de travailler pour manger autrement. Suggérez-lui le nouveau bistro juste au coin de la rue. Il adore les fruits de mer et c’est leur spécialité.
Thomas sourit.
— Je vais attendre dix minutes avant de lui téléphoner. Passez un bon après-midi, Madame l’Ambassadeur.
— Merci, Thomas. Oh… J’ai des gens de la Commission du Commerce qui doivent arriver à quinze heures. Regardez ce qu’ils envoient tout de suite, voulez-vous ?
— Absolument.
— Vous êtes irremplaçable.
Elle tapota sa joue.
Isidora attendit les quelques secondes nécessaires, jusqu’à ce qu’elle reçoive le hochement de tête approprié de son garde du corps, avant de franchir les portes en verre et de se retrouver sur le trottoir. Elle leva les yeux. L’automne imminent imprégnait l’air de fraîcheur, mais le dernier soleil tardif défendait toujours vaillamment son territoire parmi les nuages présents dans le ciel. Heureusement, elle serait partie avant que les premières pluies se mettent à tomber.

***

— Madame l’Ambassadeur ?
Le valet tenait la portière ouverte de la voiture pour elle.
Elle se glissa dans la limousine et attendit que la portière et la fenêtre de séparation soient fermées dû côté conducteur, émettant un son pratiquement inaudible. La voiture s’éloigna du trottoir et elle se tourna vers lui. Elle sourit, puis se jeta dans ses bras.
Il se mit à rire.
— Les deux misérables heures passées à se disputer avec ce salaud n’auront plus aucune importance une fois qu’Isidore et toi, vous serez dans l’avion.
— Je ne peux toujours pas y croire. Redis-le-moi encore.
— Isidore et toi, vous pourrez profiter du reste des vies qui s’ouvrent devant vous et vous profiterez pleinement de chaque instant.
— Je suis inquiète pour Isidore.
— Je m’assurerai qu’il reçoive toute l’aide dont il a besoin.
Elle plongea dans ses yeux d’émeraude.
— Merci.
— Ne me remercie pas. Je t’aime. Tout va bien se passer. Je te le promets.
Quand la limousine explosa, la déflagration retentit à travers tout Londres et même au-delà. Du verre brisé pleuvait comme des gouttes cristallines, de petits prismes éclatants au soleil de midi. Un gant solitaire de couleur crème flotta vers le sol et vint se poser parmi les fragments rutilants, son monogramme orné d’une fleur de lys s’imprégnant du sang rouge éclaboussant les résidus de la violence.



[1] En français dans le texte.


Chapitre Un


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